Lire au féminin – Bilan mars

Mon premier livre a été lu chaque vendredi d’orthophonie en salle d’attente : « Le ventre de l’Atlantique » de Fatou Diome. Prix des Hémisphères Chantal Lapicque en 2003. Fatou Diome est une auteure Sénégalaise, née à Niodor, elle habite Strasbourg. Son personnage principal nommée Salie, est née à Niodor au Sénégal et a émigré en France où elle vit à Strasbourg. Dans l’histoire, comme dans la vraie vie, son frère rêve de devenir un joueur de foot Français et de venir vivre en France lui aussi. Ce livre relate les rêves africains des jeunes qui voient ceux qui ont réussi et qui rentrent au pays avec une fortune pour couler leurs vieux jours, ou juste ceux qui vont passer quelques vacances dans leurs pays de naissance en faisant miroiter la belle vie française, souvent arrangée et embellie dans les récits d’ailleurs. Ces jeunes plein d’espoir ne comprennent pas l’humiliation, le racisme, la difficulté d’être noir en France, le sale boulot lorsqu’on est sans papiers également. Fatou Diome raconte la vraie vie des émigrés, les attentes des parents qui envoient leur enfant gagner leur vie en France et devoir ensuite faire venir frères et sœurs. On y découvre la vie à Niodor, les secrets de sa terre natale, les coutumes. On en apprend aussi pas mal sur le foot 😀 Elle raconte l’histoire de Salie et par la même occasion, on découvre son histoire à elle. Ce livre est à 80% autobiographique selon ses dires. J’aime beaucoup la fin de l’histoire où finalement Salie aide son frère à vivre sur place plutôt que de l’aider à aller en France, parce que ton bonheur n’est pas forcément ailleurs que là où tu te trouves – du moins, c’est la conclusion que je m’en suis faite. Elle protège son petit frère de ce qu’elle a elle-même vécu en lui assurant un avenir. Ce livre m’a touché. Pour cette lecture, j’ai coché les cases PP ownvoice, auteure racisée et livre primé. Rien que ça 🙂 Merci Tiphanya pour la découverte ! J’ai d’ailleurs ajouté un autre livre de Fatou Diome dans mon panier d’achat pour quand j’aurais fini mes livres en attente.

Ensuite j’ai lu « Sauvage par nature » de Sarah Marquis, une aventurière Suisse. Dans ce livre elle raconte son périple de 3 ans de marche à travers l’Asie et l’Australie ! Sibérie, Mongolie, Chine, Laos, Thaïlande pour terminer en Australie. Elle affronte la chaleur du désert de Gobi, des températures négatives extrêmes, le comportement étrange de certains Mongols, les trafiquants de drogue au Laos, la dengue, et j’en passe. Le titre correspond à ce que j’ai lu : Sarah est sauvage. Elle aime plus la nature que les gens, elle se sent bien lorsqu’elle est seule avec ses pensées et ses pas. Ce livre donne envie de voyager malgré ses péripéties parfois dangereuses. Peut-être pas en marchant dans des régions aussi reculées, ces endroits-là je lui laisse, mais de partir et de découvrir. J’ai adoré voyager avec elle mais parfois je suis restée sur ma faim. J’aurais aimé sans doute plus de photos – il y a une partie photos au centre du livre que j’ai avec une trentaine de photos seulement pour 3 ans de périple – ou au moins plus de descriptions, tant sur les lieux que sur un quelconque repère temporel. Parfois on ne sait pas combien de jours sont passés dans tel endroit et on se retrouve déjà à la frontière du pays sans plus de transition. En lisant son récit, j’ai eu la nette impression qu’elle préférait vraiment son parcours en Australie au reste du trajet, ainsi que les australiens. Elle dit d’ailleurs se sentir mieux face aux gens qui lui ressemblent physiquement. Et pour cette partie australienne, bien que brève pour une année de marche (2 chapitres), on a plus de détail, d’où mon impression de préférence. Elle raconte le paysage qu’elle connait déjà, elle nomme ses découvertes tant les animaux et les insectes que les plantes, en s’attardant un peu plus que pour le début du récit je trouve. C’est un récit brut de quelques portions de son long voyage. Mais je ne lui en tient pas rigueur et j’ai d’ors-et-déjà dans mon panier d’achat son parcours dans les Andes, lieu que je rêve de visiter ! J’ai coché les cases récit de voyage et auteure européenne de mon bingo.

Mon troisième livre a été « La Tresse » de Laetitia Colombani. J’ai littéralement adoré cette succession de chapitres concernant 3 jeunes femmes différentes que le destin relie au fil de la lecture. On ne se doute pas au début, de ce que ces 3 femmes ont en commun en étant sur 3 continents différents (Canada, Inde et Sicile) et puis vers la fin, on commence à comprendre. Cela m’a fait pensé à la citation « Un battement d’ailes de papillon peut déclencher un tsunami »… Bien que cette citation se réfère plutôt à un chaos je crois :-/ mais plutôt dans le sens où tout est relié, où un évènement qui arrive en Inde peut se répercuter en Sicile et au Canada d’une autre manière… Mais pour ce livre, les répercutions sont positives ! Si Smita, cette jeune maman en Inde, et ces autres femmes en Inde également, n’avaient pas fait cet acte, Giulia en Sicile n’aurait pas eu cette conséquence sur son travail et Sarah au Canada, n’aurait pas eu ce sourire final grâce à cela… « Une tresse d’espoir et de solidarité » annonce la quatrième de couverture, et c’est exactement ce qu’il en ressort à la fin de la lecture. Les chapitres sont courts et la lecture est fluide. Laetitia Colombani est une auteure Française (et scénariste, et réalisatrice, et comédienne) et son livre « La Tresse » qui est son premier roman, à remporté le 40° Prix Relay des Voyageurs Lecteurs, le Trophée littéraire 2017 des Femmes de l’Économie et le Globe de Cristal 2018 du premier roman. J’ai coché les cases livre primé et auteure européenne.

Et enfin, mon dernier livre du mois fut « Le ravissement des innocents » de Taiye Selasi. Une histoire de famille, des américains d’origine africaine, une tragédie. Le père abandonne femme et enfants suite à un licenciement injuste, puis meurt quelques temps après. A son décès, poétiquement abordé, nous suivons l’histoire de cette femme abandonnée et de ses 4 enfants. Je dois dire que j’ai été déçue par ce livre. Trop long, trop d’informations pour moi, trop de retours en arrière, trop touffu si j’ose dire. En plus d’avoir mit une sordide histoire au milieu de tout ça, je ne me suis pas plongée dans les personnages comme je le fais habituellement… J’ai tout de même terminé le livre pour voir si j’accrochais mieux ensuite, mais non. J’ai coché les cases PP noir et auteure européenne (née à Londres, vivant à Rome).

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2 réflexions sur “Lire au féminin – Bilan mars

  1. Je trouve ton article hyper intéressant à lire car je connais les 4 livres (par contre je n’ai lu que l’album sur la Tresse et non le roman et je vois qu’il y a de nombreuses différences).
    Moi j’ai adoré Le ventre de l’Atlantique et le Ravissement des innocents (pas pour les mêmes raisons). Par contre je n’ai pas du tout apprécié le récit de Sarah Marquis car elle donne vraiment l’impression de détester les gens et je l’ai trouvé méprisante envers les gens qui vivent dans les territoires qu’elle traverse (à l’exception de l’Australie).
    J’ai aussi lu ce mois-ci 1/3 du livre que tu avais présenté le mois précédent sur une remplaçante de l’éducation nationale. Je ne l’ai finalement pas fini car j’ai trouvé qu’il était très anecdotique et sans assez de recherche sur le sujet. Bon, il se trouve que j’ai une amie, prof « officielle » qui a eu le même poste il y a quelques années, donc j’avais déjà entendu de vive voix la majorité des anecdotes et la folie que l’on trouve dans l’école aujourd’hui. Et ça me déprime complètement de voir qu’on en est là, encore et toujours.

    • Et bien, je vois que ce n’était pas qu’une impression à moi quand j’ai trouvé que Sarah Marquis n’aimait pas les Mongols, les Chinois ou autres mais qu’elle était plus favorable aux Australiens :-/ Mais j’aime tellement les voyages, je me suis concentrée sur le positif et je verrais dans son autre livre (j’ai validé mon panier d’achat il y a peu avec plusieurs livres pour mes lectures à venir) si j’ai la même sensation…

      J’avais déjà lu quelques livres sur l’éducation nationale, pas des aussi « récent » que celui du mois dernier, mais je suis comme toi, sidérée que rien ne change depuis le temps qu’on parle de tous ce qui ne va pas dans les écoles…

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