Il n’y a pas de chat ordinaire *

Vendredi 20 novembre 2015. Triste journée. Nous avons apprit il y a tout juste 15 jours que notre chatte, âgée de 10 ans et 4 mois (erreur sur facebook lorsque j’ai dit 11 ans) avait un cancer « foudroyant ».

Il y a 15 jours, elle ne mangeait plus, ne marchait plus, ne ronronnait plus. Je l’ai emmené chez le vétérinaire, m’attendant à l’annonce d’une nouvelle tumeur, comme en Janvier. Mais je n’avais pas senti les micro-tumeurs partout sur son ventre. Inopérable.

Nous sommes rentrés à la maison et je pleurais. Ma Nala, ma fifille depuis plus de 10 ans. Elle est celle à qui j’ai donné le biberon, celle qui a dormi toute sa première année sur ma nuque toutes les nuits, celle qui jouait les pots-de-glue pour avoir des caresses, celle qui me regardait avec intensité assise bien droite devant sa gamelle pour me dire de la remplir, celle qui se posait majestueusement sur le bord de la table quand elle voulait que j’ouvre la porte-fenêtre, celle qui attendait devant sa litière pour me dire qu’elle voulait que je la change avant d’y entrer, celle qui descendait de la table lorsque je claquais des doigts, celle qui ronronnait en finissant avec une note aiguë, celle qui me regardait en miaulant quand les enfants l’embêtait et qu’elle voulait qu’ils arrêtent…

J’avais besoin de temps avant de l’emmener de nouveau chez le vétérinaire pour sa dernière piqûre… Elle ne souffrait plus grâce à la cortisone, elle marchait un peu, elle s’est remise à ronronner, elle allait au soleil faire ses dernières siestes, elle mangeait un peu aussi. J’avais décidé d’avoir encore une semaine avec elle, pour me préparer, pour préparer les enfants, pour préparer « son enterrement ». On l’a bichonné tous les jours avec de la pâté et du thon, elle avait sa caresse tous les matins, tous les midis et tous les soirs. Mais elle n’était pas très en forme, elle maigrissait encore un peu.

Vendredi dernier, il y a une semaine, elle allait mal. Encore plus mal que la semaine d’avant. Alors j’ai décidé que sa piqûre serait le lundi. Nous lui avions trouvé une place. Nous avions d’abord pensé l’enterrer sous notre magnifique figuier mais l’idée de lui marcher dessus en allant ramasser les figues me dérangeait. Alors nous avons opté pour le cognassier du japon, si beau au printemps. J’ai pensé garder un souvenir d’elle dans notre maison, plus parlant qu’une photo, alors Chéri l’a dessiné et je l’ai peinte. Dur dur de représenter ses tâches avec ses couleurs si particulières, mais en mélangeant quelques peintures, je les ai eu. Nous avions tenter de répondre aux questions des enfants, expliquant que Nala était gravement malade, que le vétérinaire l’endormirait pour toujours, qu’elle ne souffrirait plus, qu’elle nous attendrait sur les nuages là-haut dans le ciel. Nous les avons laissé questionner, raconter, se préparer.

Et puis lundi est arrivé et elle s’est remise à manger un peu plus et comme Chéri est rentré plus tard que d’habitude, nous n’avions pas le temps de creuser le trou dans le jardin ce jour-là. Alors nous avons eu du temps supplémentaire avec elle. Mardi, elle est allée prendre l’air dehors, elle a accouru si vite lorsque j’ai ouvert sa pâté qu’on en aurait presque oublié qu’elle était malade… Surtout si elle avait réussit à finir sa gamelle. Et avec le tennis et le judo, impossible de caser le vétérinaire et l’enterrement avec les enfants donc ça m’arrangeait bien, j’avais encore du temps avec elle. Mercredi, elle a beaucoup dormi puis elle a mangé le thon que je lui ai laissé. Jeudi, elle n’a pas mangé, pas bougé. Je me suis dit que c’était vraiment son dernier jour cette fois parce que je ne voulais pas la voir souffrir. La fatigue ça allait, mais la douleur non. A 1h ce matin, elle est venue se mettre sous mon lit et sa respiration était saccadée. Elle n’a pas bougé de toute la matinée, même si sa respiration était plus calme et moins bruyante. Alors à midi, Chéri a creusé devant notre joli cognassier qui bourgeonne en Automne. En début d’après-midi, chacun a fait un dernier câlin à Nala. Et il y a près de trois heures, nous l’avons mit dans le trou, et nous l’avons recouverte de terre.

Thomas a demandé comment elle allait ressortir de son carton si on l’enterrait…

Nathan a dit plusieurs fois qu’il voulait qu’elle ne soit plus morte…

Mattéo a dit qu’elle nous attendait là-haut sur son nuage…

Et puis nous sommes rentrés peindre une pierre chacun, en guise de pierres tombales. Nous les ajouterons à l’endroit où nous l’avons enterré dans quelques jours, le temps pour moi de les vernir.

Ce n’était qu’un chat… Mais c’était mon chat depuis 10 ans… Ma Nala ❤

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« Le temps passé avec un chat n’est jamais perdu. »
Sidonie-Gabrielle Colette

* Le titre est une citation de Sidonie-Gabrielle Colette

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4 réflexions sur “Il n’y a pas de chat ordinaire *

  1. Ma Nala, merci d’avoir fait partie de nos vies.
    Grâce à toi, j’ai un de tes petits bouts de chou auprès de moi.
    Il m’embête, me taquine, mais surtout m’aime, me réclame des câlins tout le temps et a rempli ma vie et celle de toute ma famille d’un bonheur immense.
    Je l’aime si fort mon Cobalt et c’est grâce à toi s’il est là.
    Repose en paix ma jolie.

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